Happycratie : le sujet chaud du XXI° siècle

« Pourquoi le bonheur, et non la justice, la prudence, la solidarité ou même la loyauté en est-il venu à jouer ce rôle prépondérant ? Ce sont la justice et le savoir, non le bonheur, qui demeurent l’objectif moral révolutionnaire de nos vies. Les marchands de bonheur prétendent agir pour notre bien. Nous ne devons pas les écouter, ou bien nous nous perdrons dans une vaine obsession de nous mêmes.  » nous révèle l’ouvrage sociologique Happycratie, sur l’industrie du bonheur qui a pris le contrôle de nos vies.

En voici ma fiche synthèse

Il est où le bonheur, nous dit la chanson ? … Radio, télé, entreprise, Etat… il semble que le bonheur soit aujourd’hui partout, et à toutes les sauces. De quoi nous donner le tournis !

  • Peut-on résister à une pandémie de bonheur institutionnalisé ?
  • Peut-on légitimement penser du mal de ce qui fait du bien, et prendre du recul sur la psychologie positive ?
  • Préférons-nous les injonctions postmodernes d’un univers GAFAM de likes, où l’art de faire croire qu’on est heureux devient une entreprise marketing de communication sur mur digital ?

Le bonheur est notre secret intime à chacun, un secret à incarner chacun du mieux qu’il peut auprès de ses proches familiaux, amicaux, professionnels, de voisinage et de citoyen.

Dix ans de psychologie positive

Peut-on légitimement penser du mal de ce qui fait du bien ?

  • Les cinq premières années de la psychologie positive ont suscité enthousiasme et débats, autour notamment de la « tyrannie du positif » (Held, 2004). Les critiques et propositions ont eu du bon, elles ont permis de mieux concilier l’approche des troubles en santé mentale et les indices positifs de bien-être (Keyes, 2005). L’Eglise en son temps vécut le même balancier, à passer d’une culture du péché à une culture du salut et de la guérison, oubliant parfois que passion et résurrection, croix et victoire sont tellement intimement mêlés qu’il n’est guère possible de les dissocier, ni même d’y échapper.
  • Contribuant au même retour de balancier, les modérés de la psychologie positive ont pu voir la personnalité dans sa globalité (Cartensen et Charles, 2003; Ingram et Snyder, 2006; Linley et al., 2006; Mollen et al., 2006) et « dépasser la dichotomie positif-négatif » (Ryff et Singer, 2003b).
    Depuis, la psychologie positive, qui ne reconnaissait aucun antécédent historique à l’idée que la vie vaut la peine d’être vécue, admet pouvoir tirer des leçons significatives du passé et de ses racines (Linley et al., 2006)Pour autant, on reste en droit de s’émerveiller avec un œil critique de ce beau chemin et de ses récupérations. Ainsi, Seligman a été accusé de collaboration sur des programmes de techniques d’interrogation et de torture sous l’administration Georges W. Bush, une affaire qui a entraîné une réorganisation au sein de l’American Psychological Association, une mise en cause de leurs lacunes éthiques et a sérieusement endommagé la réputation de l’APA. (source Wikipedia)

Méfions-nous des vendeurs de bonheur ! (Eva Illouz)

Une véritable industrie du bonheur s’est mise en place, une happycratie décortiquée et questionnée à plusieurs niveaux par Eva Illouz, qui dénonce une marchandisation des émotions et un capitalisme affectif

  • l’alliance entre philosophes positifs et économistes détourne les buts initiaux de la politique. Ainsi, Le Boutan a inscrit le bonheur dans sa constitution depuis 2008, et nos nations Unies ont adopté cette façon de comparer les nations, qui étrangement place Israël très haut devant nos pays, malgré un coût de la vie élevé, des guerres permanentes, un service militaire très éprouvant.
    Quand on s’interroge sur ce bonheur israélien, on découvre que l’ennemi commun crée de la solidarité, bien plus que la paix ou la juste distribution des richesses. Dans ces conditions, l’Etat doit-il encore se préoccuper de justice et paix sociale, ou de notre bonheur à maintenir ?
  • l’économie du bonheur prend le contrôle de nos vies, de nos industries et d’entreprises.

Quand les apôtres du bonheur se mettent au service de grandes institutions ou entreprises, méfions nous, conclue l’auteur de cette happycratie. L’industrie du bonheur épuise l’individu et déresponsabilise l’Etat, qui ne se croit plus responsable de redistribuer les richesses mais le bonheur. 

Alors, il est où le bonheur ? …
C’est une bougie, le bonheurRis pas trop fort d’ailleursTu risques de l’éteindreOn l’veut le bonheur, oui, on l’veutTout le monde veut l’atteindreMais il fait pas de bruit, le bonheur, non, il fait pas de bruitNon, il n’en fait pasC’est con le bonheur, ouais, c’est souvent après qu’on sait qu’il était là.

nous dit la chanson…

 

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