Transmettre, un art de vivre

Transmettre, tout un art  de vivre, choisir, entrer en relation.

 

Cynthia Fleury nous parle des nouvelles règles du jeu de la transmission.
@Colloque GYPSY XXV Décembre 2025

Qu’est-ce que transmettre à l’heure de l’accélération et de l’IA ?

 

 

  • Une NECESSITE VITALE : l’acte par lequel les hommes se donnent un monde en commun. Aucun être ne naît avec les dispositions qui lui permettront de survivre et de vivre en société. Tout doit être appris, reçu, intériorisé, transformé.
  • PAS une simple INFORMATION : La transmission ne se réduit jamais à l’information. On n’apprend qu’en réorganisant ses résistances et ses erreurs (Bachelard).
  • Une RELATION, une RENCONTRE avec l’autre et avec la réalité : la transmission authentique suppose de l’altérité, du conflit, la lenteur des médiations. La plasticité cérébrale exige la confrontation à l’imprévu, à la contradiction, à la contingence du réel, autant d’éléments qu’un dispositif algorithme tend à lisser. Comment faire pour que l’IA n’empêche pas ce passage du doute, de l’effort ? La transmission a toujours été prioritairement une question de relation, de liens d’attachement qui ne sont pas possibles de déléguer à une machine par l’écriture, la synthèse, la traduction, la planification. La transmission repose sur la capacité de faire récit, la valeur de l’effort, de la lenteur.
  • Une INCORPORATION La transmission n’est pas qu’une affaire de contenu, de savoir, de trace, mais aussi de mouvement, de désir, d’investissement, une manière inspirante d’être au monde.
  • Un CHOIX, un TRI, un ART ! On efface plus ce qu’on ne conserve, on génère des contenus éphémères. On multiplie les traces sans valeur, on occupe l’espace de stockage, on consomme les ressources même qui permettraient d’archiver l’essentiel. Nous entrons dans un âge où la transmission dépend paradoxalement de notre capacité à faire moins : moins produire, moins stocker, mieux choisir. La transmission devient un art de la sélection et non de l’accumulation. Le savoir n’est vivant qu’à la condition de circuler dans des corps, de s’éprouver dans des gestes, de s’inscrire dans une temporalité où la vulnérabilité n’est pas un défaut, mais la matrice même de la pensée. Là où on croyait augmenter la transmission par la technique, on produit une culture instable, volatile, fragile. Transmettre n’est jamais neutre. Ce n’est pas tout conserver. C’est choisir, assumer une éthique de civilisation, ce qui fait sens et est digne d’être préservé, ce à quoi l’on tient plus.

 

L’enjeu de notre monde avec l’IA. Que voulons-nous choisir de transmettre ?

Plus nous produisons moins nous pouvons conserver. C’est une contradiction fondatrice de la modernité numérique. Nous voulons sauvegarder tout mais nous détruisons les conditions matérielles naturelles de cette sauvegarde.

La tâche qui nous revient aujourd’hui, c’est de redonner à la transmission sa densité d’expérience. C’est un travail d’héritier, une vigilance du choix de ce qui mérite d’être reconduit.

Bref, tout un art !

Notes prises sans IA  😉 Visage Faisant Un Clin D'œil Emoji: Signification & Utilisation

 

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