La dialectique au service de nos relations
La dialectique permet
- d’apprendre à reconnaître et prendre en compte plusieurs points de vue sans se polariser sur ses seules idées et émotions personnelles,
- de sortir du raisonnement intellectuel pour entrer dans la résonnance de l’interaction,
- de replacer nos comportements dans un contexte précis, dans une confrontation dynamique à la réalité,
- de satisfaire nos envies et besoins personnels parfois contradictoires, dans un équilibre à trouver entre ce qu’on perd ou gagne à agir et changer.
La « Thérapie Comportementale Dialectique», bien que développée et adaptée pour les malades aux troubles de la Personnalité Limite borderline, offre une vision large et systémique qui fait écho aux méthodes collaboratives actuellement prônées en entreprise. Elle est est au final intéressante à comprendre et déployer dans tout type de relation.
La TCD nous enseigne la pleine conscience et la pleine présence relationnelles, en nous invitant notamment à la validation, pierre angulaire à partir de laquelle on construit et maintient une relation. C’est par la validation que nous prouvons toute la valeur que nous accordons à la relation, aussi bien avec l’autre qu’avec nous-mêmes.
La validation porte à la fois sur notre dialogue intérieur personnel, notre dialogue verbal et non verbal avec l’autre.

De quoi s’agit-il ? Valider, est-ce fermer les yeux et tout accepter ?
Non bien sûr, puisque tout n’est pas acceptable ! La validation ne vise donc pas nos actes mais la personne : nous avons besoin d’être validé comme personne vivante et unique.
Validez donc seulement ce qui est valide …
et sachez qu’il y a toujours des éléments valides !
Que peut-on valider ?
- Les sentiments ou les émotions (Je vois que tu es vraiment fâché ).
- La légitimité d’un désir (Je sais que tu veux de l’argent pour améliorer notre confort mais en ce moment nous n’avons pas cet argent).
- Les croyances, opinions ou réflexions au sujet de quelque chose.
- Les valeurs profondes à propos de quelque chose.
- La difficulté d’une tâche (Je comprends à quel point les choses sont difficiles pour toi).
- L’ampleur des efforts déployés par une personne pour accomplir quelque chose (Je sais que tu fais du mieux que tu peux en ce moment).
- Les choses qu’une personne fait et qui fonctionnent pour elle (Tu fais beaucoup d’efforts et je vois que ta situation s’améliore).
- Les choses qu’une personne fait pour une autre (Tu as tellement rendu service !).
La validation nous rappelle qu’avoir raison n’est pas le but d’une relation ! La relation se vit dans le lien et a besoin d’un résultat gagnant gagnant pour se donner des chances de durer.
Comment peut-on valider ?
- La validation passe pas des mots mais pas seulement. On peut valider l’autre par un sourire, un regard bienveillant, une main posée sur la sienne, une tape dans le dos pour encourager. On peut l’invalider par des soupirs, des haussements de sourcils, un œil noir et un visage fermé… Tout ce qui va tendre l’atmosphère et mettre notre interlocuteur en mode réactif.
- La validation commence aussi par l’acceptation de soi-même : arrêter de culpabiliser et ruminer pour apaiser sa propre détresse, trouver une certaine paix intérieure en reprenant contact avec soi.
Valider pour mieux changer une réalité difficile
Accepter la réalité plutôt que la nier est donc l’étape indispensable pour calmer notre détresse et, bizarrement, la clé pour nous engager sur la voie du changement.
Dès lors, la validation de l’autre n’est plus à voir comme un renoncement ou une lâcheté, mais bien au contraire comme un levier d’action.
Lors de nos modules de psychoéducation en TCD, le papa d’une fille borderline, qui était également manager d’une grosse équipe, nous a partagé avec étonnement la transformation de son service : depuis qu’il avait compris et mis en pratique la validation, l’ambiance avait changé !
Pour information, la TCD est enseignée et mise en pratique dans nos modules de psychoéducation issus du programme international et de l’association éponyme Connexions Familiales que nous avons co-fondée entre pairs aidants et psychiatres.
